TDAH ET EMOTIONS
❤️ Comprendre et accompagner les émotions
Lorsqu'une émotion devient très forte, l'enfant peut avoir temporairement plus de difficultés à réfléchir, à se contrôler ou à trouver une solution. Il est donc important de l'aider d'abord à retrouver son calme avant de chercher à raisonner avec lui.
On peut utiliser l'image d'une maison pour expliquer simplement le fonctionnement du cerveau.
🏠 Le premier étage : réfléchir et trouver des solutions
C'est la partie qui nous aide à :
planifier ;
réfléchir ;
nous contrôler ;
trouver des idées ;
chercher des solutions ;
prendre du recul.
🛋️ Le rez-de-chaussée : les émotions
C'est l'espace où les émotions s'expriment : joie, tristesse, frustration, colère, peur…
🕳️ La cave : les réactions instinctives
Elle représente les réactions les plus automatiques, qui peuvent apparaître lorsque le stress ou une émotion devient très intense : peur, colère, envie de fuir ou de se défendre.
Dans ces moments-là, l'enfant peut avoir besoin d'aide pour revenir progressivement vers un état dans lequel il pourra à nouveau écouter, réfléchir et trouver une solution.
🌸 La fleur des émotions
La fleur des émotions peut aider l'enfant à identifier ce qu'il ressent et à mettre des mots sur son expérience.
On peut également l'aider à observer où l'émotion se manifeste dans son corps :
« Où est-ce que tu ressens ta colère dans ton corps ? »
S'il ressent sa colère dans les poings ou les pieds, il peut avoir besoin de bouger ou de décharger son énergie de manière adaptée :
pousser une balle ou un ballon ;
utiliser un punching-ball adapté à l'enfant ;
serrer ou frapper un coussin ;
déchirer du papier ;
faire quelques mouvements physiques.
Si la tension est plutôt ressentie dans la tête ou dans la bouche, on peut lui proposer de :
crier dans un coussin ;
aller dans un espace calme ;
exprimer ce qu'il ressent ;
respirer progressivement ;
utiliser une activité de relaxation.
L'objectif n'est pas d'interdire l'émotion, mais d'aider l'enfant à trouver une manière acceptable de l'exprimer.
🌱 Faire une place aux émotions positives
Lorsque l'enfant a tendance à se focaliser sur ce qui ne va pas, il peut être intéressant de l'aider à développer progressivement son attention aux expériences positives.
La visualisation, la relaxation et les petits rituels positifs peuvent l'aider à se reconnecter à ce qui lui fait du bien.
🐾 La cocotte en papier
Un outil très simple et ludique pour terminer la journée ou partager un moment avec son enfant.
Quelques questions possibles :
Quel a été le moment le plus agréable de ta journée ?
Quel repas te ferait particulièrement plaisir ?
Qu'est-ce qui te fait rire ?
Comment sais-tu que tu es heureux ?
Quel serait ton animal totem ?
À quoi ressemblerait ta journée idéale ?
Ces questions peuvent également être utilisées comme un petit rituel de connexion parent-enfant.
🤝 Les relations sociales
Les enfants avec un TDAH peuvent rencontrer certaines difficultés dans leurs relations avec les autres. Cela ne signifie pas qu'ils ne souhaitent pas avoir d'amis : ils peuvent simplement avoir besoin d'un accompagnement pour comprendre certaines règles sociales et apprendre à ajuster leur comportement.
Ils peuvent notamment :
couper régulièrement la parole ;
avoir du mal à attendre leur tour ;
répondre trop rapidement ;
répondre parfois à côté de la situation ;
avoir des difficultés à décoder les expressions du visage, les gestes ou le ton de la voix ;
avoir du mal à comprendre ce que l'autre pense ou ressent ;
avoir des difficultés à adapter leur comportement à la situation.
👑 L'enfant qui cherche à faire rire
L'enfant qui joue souvent le rôle du « pitre » ou cherche constamment à faire rire les autres peut parfois utiliser l'humour ou l'agitation pour trouver sa place dans le groupe ou masquer une estime de soi fragile.
Certains enfants peuvent également changer fréquemment de groupe d'amis.
Il est donc intéressant de regarder ce qui se cache derrière le comportement, plutôt que de se limiter à celui-ci.
🌿 L'enfant qui reste à l'écart
À l'inverse, certains enfants préfèrent jouer seuls.
Cela peut notamment arriver lorsqu'ils ressentent de la frustration face à un jeu dont ils n'ont pas choisi les règles, ou lorsqu'ils ont besoin de contrôler davantage leur environnement.
Ils peuvent apprécier de jouer seuls sans être interrompus ou sollicités en permanence.
L'objectif n'est pas de les forcer à être constamment avec les autres, mais de leur permettre de développer progressivement leurs compétences sociales tout en respectant leur besoin de calme.
🎭 Apprendre à décoder les situations sociales
Les compétences sociales peuvent se travailler dans le jeu et dans des situations du quotidien.
🔄 « Ta version, puis ma version »
Après une situation difficile, lorsque tout le monde est calme, on peut proposer :
« Raconte-moi ta version de ce qui s'est passé. Maintenant, je vais te raconter comment je l'ai vu. »
Cela permet à l'enfant de découvrir qu'une même situation peut être vécue et interprétée différemment selon les personnes.
🎬 Les arrêts sur image
Pendant un film ou un dessin animé, mettre régulièrement la vidéo sur pause et demander :
« À ton avis, que pense ce personnage ? »
« Qu'est-ce qu'il ressent ? »
« Comment peux-tu le savoir ? »
« Que va-t-il probablement faire ? »
« Quel est le problème ? »
« Que pourrait-il faire autrement ? »
Ce jeu permet d'entraîner progressivement l'enfant à observer les indices non verbaux et à comprendre les intentions des autres.
🎭 Jouer « comme si »
Les jeux de rôle sont particulièrement intéressants :
faire semblant d'aller au restaurant ;
commander un repas ;
attendre son tour ;
demander quelque chose poliment ;
rencontrer une nouvelle personne ;
résoudre un petit désaccord ;
inviter quelqu'un à jouer.
L'enfant peut ainsi s'entraîner dans un contexte sécurisant avant de rencontrer la situation dans la vie réelle.
🗓️ Préparer les situations à l'avance
Pour certaines situations sociales, il peut être utile de les préparer avec l'enfant.
Par exemple :
« Demain, tu vas rencontrer ton camarade. Qu'est-ce que tu pourrais ressentir ? »
Puis, après la situation :
« Comment cela s'est-il passé ? Qu'as-tu ressenti ? Comment as-tu géré le conflit ? Qu'est-ce qui t'a aidé ? »
On peut également apprendre à l'enfant à distinguer ce qui peut être dit, partagé ou gardé pour soi, notamment lorsqu'il raconte sa journée.
🧸 Inviter un ami : une compétence qui s'apprend
Inviter un camarade à la maison demande de nombreuses compétences sociales : partager, négocier, attendre, faire des compromis et respecter l'autre.
Pour faciliter les premières expériences :
commencer par une durée courte ;
poser un cadre clair ;
prévoir quelques activités ;
demander à l'enfant quel jouet il souhaite partager ;
réfléchir avec lui au goûter que son ami aime ;
préparer ensemble ce moment.
L'objectif est de créer des expériences sociales positives et suffisamment prévisibles.
🫶 En cas de conflit
Lorsqu'un conflit survient, la priorité est d'abord de protéger et d'aller vers l'enfant qui a subi l'agression ou le comportement problématique.
Si le parent n'a pas assisté à la scène, il est préférable d'attendre que chacun soit calme avant de demander à chaque enfant :
ce qui s'est passé ;
ce qu'il a vu ;
ce qu'il a ressenti ;
ce qu'il pensait à ce moment-là.
On peut ensuite aider chacun à comprendre le point de vue de l'autre et chercher une autre manière de réagir.
Lorsque le comportement devient trop difficile à gérer, le parent peut également poser une limite claire :
« Je préfère changer de pièce. Je ne souhaite pas continuer cette interaction lorsque ton comportement est comme celui-ci. »
La limite doit rester calme, ferme et sans humiliation.
⭐ Renforcer les comportements adaptés
Les enfants avec un TDAH peuvent avoir besoin de conséquences positives immédiates et concrètes.
Un système de jetons peut être mis en place :
Comportement adapté → jeton → récompense.
Par exemple, un certain nombre de jetons peut donner accès à un temps d'écran ou à une activité choisie.
L'objectif n'est pas de « payer » l'enfant pour chaque bonne action, mais de rendre visibles ses réussites et renforcer progressivement les comportements que l'on souhaite voir se développer.
Une échelle de satisfaction peut également être utilisée pour permettre à l'enfant de visualiser ses progrès et d'exprimer comment il se sent.
🎯 Les difficultés attentionnelles
Pour aider l'enfant à être disponible lorsqu'une consigne est donnée :
limiter le bruit et les distractions ;
établir un contact avec lui ;
le regarder ou se placer à sa hauteur ;
utiliser une consigne courte et claire ;
privilégier les verbes d'action ;
préciser quand l'action doit être réalisée ;
s'assurer qu'il a bien entendu ;
lui demander de reformuler ce qu'il a compris.
La routine visuelle peut également servir de repère :
« Regarde ta routine. Et maintenant, qu'est-ce que tu dois faire ? »
Cela permet progressivement à l'enfant de s'appuyer sur ses propres repères plutôt que de dépendre uniquement des rappels de l'adulte.
🧘 Développer l'attention et l'autorégulation
Certaines activités peuvent être intégrées dans le quotidien :
méditation ;
yoga ;
respiration ;
relaxation ;
parler lentement ;
jeux d'attention et de concentration.
Quelques exemples :
1, 2, 3 soleil ;
jeu de Kim ;
Où est Charlie ? ;
Dobble.
L'objectif est de développer progressivement la capacité de l'enfant à porter son attention, attendre, observer, inhiber une réponse et revenir à la tâche.
💬 Développer l'intention sociale
L'enfant peut apprendre progressivement à mieux comprendre ce que les autres pensent, ressentent ou cherchent à communiquer.
Pour cela, on peut :
jouer à des scénarios sociaux ;
utiliser des jeux de rôle ;
parler des émotions du quotidien ;
partager ses propres émotions avec l'enfant ;
lui demander ce que l'autre personne pourrait ressentir ;
pratiquer une activité sportive ;
féliciter les comportements sociaux adaptés.
Dans certaines situations, jouer avec des enfants plus jeunes peut également permettre à l'enfant de se sentir davantage en maîtrise, notamment lorsqu'il apprécie pouvoir organiser ou guider le jeu.
🤍 Ne pas oublier le lien
Au-delà des stratégies et des outils, il est essentiel de préserver des temps de qualité avec son enfant, sans objectif éducatif particulier.
Jouer, rire, discuter, cuisiner, se promener ou simplement partager un moment ensemble permet de nourrir le lien parent-enfant.
Ces moments rappellent à l'enfant qu'il n'est pas défini par ses difficultés et qu'il peut aussi être vu pour ses qualités, ses efforts, ses réussites et tout ce qui fait sa singularité.
🌿 Quand demander de l'aide ?
Les parents n'ont pas à tout gérer seuls.
Lorsque les difficultés deviennent importantes ou que la famille se sent dépassée, il peut être utile de rechercher un accompagnement ou des ressources complémentaires auprès des professionnels et dispositifs adaptés, notamment le CCAS, une assistante sociale ou la CAF.
Demander de l'aide n'est pas un échec : c'est aussi une manière de prendre soin de toute la famille.
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